Contre vents et marées

Contre vents et marées

Risquer sa vie pour un idéal quand on n’a pas 20 ans…

Un film de Jean-Philippe JACQUEMIN

Documentaire | 2019 | France | 61 minutes | DCP | Couleur

Synopsis

Quel héritage garde-t-on de la Résistance ?
Nous suivons le parcours de 4 Résistants de la Seconde Guerre Mondiale, les plus jeunes d’entre eux qui en sont maintenant les derniers représentants. Ces jeunes combattants d’alors sillonnent maintenant la France afin de rencontrer les jeunes générations qui ont aujourd’hui l’âge qu’eux-mêmes avaient lors de leur engagement …  et parler de leur expérience, de leur combat, de leur engagement .. de leurs convictions. Loin de vouloir passer pour des héros, ils veulent simplement parler de l’actualité de ces combats, de l’importance de la révolte, de l’indignation… et de la lutte !

Les avancées Conseil National de la Résistance en danger ?
Evasions spectaculaires, filatures, espionnage, clandestinité, maquis, embuscades, sabotages … la jeunesse permet tout ! Mais ce qu’il en reste ce sont des convictions en héritage, ces convictions qu’ils ont gardées toute leur vie et qu’ils nous livrent sans réserve… contre la montée des extrémismes  et pour sauvegarder les avancées du Conseil National de la Résistance  aujourd’hui en danger : Sécurité Sociale, Assurance Chômage,  Liberté de la Presse….

Les Anciens montrent le chemin !

Fiche technique

Auteur-réalisateur Jean-Philippe JACQUEMIN
Production Les Créations du Lendemain
Image Christian Deloeuil
Son Jean Quennelle
Montage Jean Condé
Mixage son Olivier Charre

Récompense

César 2021 Éligible

C.N.R.

Membres du Conseil National de la Résistance en août 1944 à Paris

Interview de Jean-Philippe Jacquemin, réalisateur

Comment est venue l’envie de faire un film sur la Résistance ? Ce n’est pas un sujet facile…

Déjà tout petit j’étais habité par cette histoire, grâce aux nombreux récits de ma grand-mère, même si je ne les comprenais pas toujours… d’ailleurs c’est elle qui ouvre le film. Je pensais que c’étaient juste des péripéties rocambolesques et, naïvement, je pensais aussi que tout le monde à cette époque avait résisté. Puis le mythe, les récits historiques et le fantasme des héros sauveurs de la France se sont un peu mélangés.. jusqu’au jour où, pour accompagner la projection d’un film j’ai invité des Résistants à témoigner. Cela a été un choc. Ce n’est pas une rencontre dont on sort indemne. Je me suis dit que ce qui se passait dans la salle était plus fort que le film projeté, ou les livres que j’avais lus. Il s’est passé quelque chose. Je réalisais déjà des documentaires sur des sujets plus légers, mais je me suis dit que c’était le rôle du cinéma justement de capter ces moments, d’absorber ces personnages pour les restituer dans un récit accessible à tous, en en conservant toute son essence. La fiction aurait été en dessous de la réalité, il fallait la force du cinéma documentaire. J’avais envie de poursuivre la rencontre et de les porter sur d’autres chemins…

Dans le film, il n’y a ni la volonté de rétablir une vérité historique, ni de les faire passer pour des héros. Quel a été l’angle choisi ?

Je voulais justement éviter de faire des portraits de héros ou à l’inverse être dans le jugement. Il y a une certaine distance qui s’est installée, j’en avais besoin pour pouvoir aller plus loin. D’ailleurs eux-mêmes refusaient de passer pour des héros, et voulaient parler de tous les aspects de leurs actions, sans omettre les parts d’ombre. Je voulais en saisir la complexité. Il aurait été tentant de s’arrêter à la description des actions héroïques sans sonder les intentions, les doutes, les regrets.. Je voulais sortir du cadre classique du film de guerre qui met les sentiments de côté. Il y a des récits spectaculaires d’évasion, de sabotages etc… mais ils ne sont jamais sans conséquence. Il y a aussi la délation et le regard des autres.. La trahison.

Pensiez-vous encore pouvoir apporter quelque chose avec une sujet aussi traité que celui de la Résistance ?

Ce ne sont pas les mêmes Résistants ! Enfin, plutôt, ceux qui restent sont les derniers Résistants, ils étaient adolescents à l’époque. Ce qui est intéressant c’est qu’ils ont attendu beaucoup de temps avant de parler. Et c’est maintenant qu’ils le font, un peu tardivement. Et ils vont principalement témoigner dans les lycées, pour discuter avec les jeunes qui avaient leur âge au moment de leur engagement.

Ce qui m’a intéressé tout de suite était d’essayer de savoir pourquoi ils se sont lancés, pourquoi ils ont pris tous ces risques. Est-ce qu’à leur âge j’en aurai fait autant ? Comment quand on est adolescent on peut prendre une décision aussi lourde ? Voilà les question qui attisaient ma curiosité. Et une rencontre avec des lycéens a été le lieu idéal pour évoquer tout cela.

Les films s’attardent généralement sur la vérité historique, peu sur les femmes et les hommes derrière les personnages.. Ils utilisent les interviews pour illustrer un propos, par pour sonder les personnes. Quand je les ai rencontrés, j’ai été frappé par leur humilité mais aussi leur énergie. Ils vivent leur dernier combat, celui de la transmission.

Comment s’est passé le montage ? C’est un film principalement d’entretiens, et pourtant on y est pris par le rythme des récits et même la tension des situations.

Le montage a été très compliqué. J’ai mis 5 ans à faire le film. Il a fallu trouver les archives familiales de chacun, je suis même allé chercher les fiches d’arrestation originales aux archives de la préfecture de police, les rapports de filature aussi.. Et puis avec mon monteur nous avons fait un gros travail de recherche (et de tri) d’archives vidéo.. ce qui est très dur pour la Résistance car il y avait interdiction de filmer ou même prendre des photos !
Alors nous avons retrouvé des petits films de fiction qui ont été tournés juste après guerre et qui reconstituaient fidèlement la période. Ces archives donnent vraiment vie au montage, tantôt en soulignant les propos des Résistants, tantôt en les mettant en porte à faux avec une touche d’humour.. façon de les narguer légèrement, sans dénaturer leurs propos… Car ils avaient tous un certain sens de l’humour et il en fallait pour raconter tout cela sans faire de cauchemar.
Il n’y a pas de plan de coupe dans le film, il y a un chevauchement, un enchevêtrement des 4 récits, ces 4 destins complètement différents. Chacun a son vécu, ils ne disent pas la même chose, mais ils se répondent .. en quelque sorte.

Pendant ces 5 ans malheureusement 3 des 4 Résistants sont décédés et ma grande mère aussi, à l’âge de 100 ans ! Ils n’auront pas vu le film mais je leur ai promis de propager leur parole du mieux possible !

Stefan Hessel a beaucoup été écouté avec Indignez-vous. L’indignation ne suffit-elle pas ?

Justement non !
Indignez-vous a beaucoup marqué les jeunes, cela a formidablement remis au goût du jour les idéaux de la Résistance… mais souvent ils restaient sans solution.. Car l’indignation n’est que la première étape. S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de victoire. C’est la grande leçon de ces rencontres. Alors, en ce moment où les acquis sociaux, issus du combat de la Résistance, sont sans cesse remis en cause… ces mêmes acquis ont été mis en place pour que le fascisme ne revienne pas en France… il est bon de regarder un peu en arrière et apprendre de nos anciens. Les Résistants s’adressent surtout à la jeunesse, car elle a encore la volonté de changer les choses, mais libre à nous d’encore écouter le jeune qui est en nous !

Le titre évoque l’idée de rocs restants debout face à une mer déchaînée…

C’est mon monteur qui a suggéré le titre. En regardant tous les entretiens encore et encore, on avait l’impression qu’ils n’avaient jamais arrêté de résister. Leurs convictions sont inébranlables et, je l’espère, ressortent fortement dans le film. C’est une sorte de foi, non religieuse, la foi citoyenne qu’un avenir meilleur est possible et qu’il peut être bâti par la main de l’Homme. Ils ont connu l’Horreur, mais aussi sont les témoins qu’elle peut être surmontée et même évitée. C’est de l’énergie qu’ils transmettent. Et c’est cela que je voulais capter avant tout pour le transmettre, avec les moyens du cinéma. De l’énergie sur grand écran.

Biographies

“C’est de l’énergie qu’ils transmettent. Et c’est cela que je voulais capter avant tout pour le transmettre, avec les moyens du cinéma. De l’énergie sur grand écran.”

JEAN-PHILIPPE JACQUEMIN

BIOGRAPHIE

Né en 1977 à Lille (France).

Réalisateur, membre de la SRF et co-responsable d’un cinéma indépendant. Il oscille entre la réalisation de fictions «à contraintes» et de documentaires «libérés».

Son premier documentaire, “Il fallait commencer par le rêve” (20mn) a été finaliste du prix Macif du Film social.

FILMOGRAPHIE
2019 Contre vents et marées – 61mn – Doumentaire
2012 Le jardin et le poète – 52mn – Documentaire
2009 Il fallait commencer par le rêve – 20mn – Documentaire
2013 Passage à l’acte – 9mn – Fiction
2012 Demain t’auras tout oublié – 6m – Fiction
2011 La cinésite – 8mn – Fiction
2010 A part ça ? – 8mn – Fiction

Yvonne Abbas est née le 29 Avril 1922 à Pérenchies dans le Nord. 

Issue d’une famille modeste, orpheline de son père algérien, elle commence à travailler à l’âge de treize ans et devient, très jeune, syndicaliste. Elle se marie très jeune et fréquente des associations de jeunes filles et notamment l’Union des jeunes filles de France dès sa fondation, en 1936. 

Elle s’engage dans la Résistance et, dès le début de l’occupation, son logement sert d’hébergement et de dépôt de matériel pour la Résistance qui s’organise. Elle organise une presse clandestine. Cette activité résistante lui vaut d’être arrêtée par la « Police Spéciale » française le 29 avril 1942. Elle sera déportée en train au camp de concentration de Ravensbrück, le plus grand camp de femmes, dont elle sortira le 5 Mai 1945 à la libération du camp par les alliés.

Médaillée de la Résistance, reconnue Combattante volontaire de la Résistance, elle fut nommée officier de la Légion d’honneur le 18 juin 1992, puis devint la première femme du Nord a être élevée au grade de commandeur le 18 septembre 2014. 

Elle décède le 13 Décembre 2014 à 92 ans.

Michel Defrance est né le 8 Mars 1925 à Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. 

Fils de militants politiques et syndicaux et notamment d’Auguste Defrance devenu, en 1954, député PCF du Pas-De-Calais. Etudiant au lycée Diderot à Paris, il s’engage dans les forces combattantes de la Résistance à 17 ans, mais est arrêté avec sa mère le 22 juillet 1942. A la suite de plusieurs incarcérations il réussit à s’échapper et rejoint les Côte d’Armor où il devient responsable du Front patriotique de la jeunesse. A nouveau arrêté à plusieurs reprises il réussit à chaque fois à s’échapper. Au cours de sa dernière arrestation il sera gravement blessé à la jambe par une grenade. Il défilera sur une civière lors de la Libération mais portera ses blessures toute sa vie. 

À la fin de la guerre, il s’installera à Lille, avec sa compagne qu’il épousera en 1946, et mènera alors une vie de journaliste pour le quotidien Liberté. Michel Defrance a été pendant vingt ans président départemental de l’ANACR du Nord, association dont il était également membre du Bureau national.

Michel Defrance fut membre des groupes FTP Félix Cadras et Chatelaudren. Il participa à de nombreux sabotages ainsi qu’à La Bataille du Rail dans les Côtes du Nord.

Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 25 Mars 2017.

  Il décède le 15 Mai 2017 à 92 ans.

Guy Béziade est né le 4 Octobre 1924 à Bordeaux en Gironde. 

Issu d’une famille ouvrière, il fait des études techniques et rentre à l’usine à 15 ans où, en 1940, il est témoin des premiers sabotages et disparitions. Quand son frère Frank entre en clandestinité pour éviter une réquisition pour l’Allemagne, il rejoint un groupe de 10 personnes formé par un ancien combattant des forces espagnoles républicaines. Ce groupe devient FTP et Guy (pseudo Tito) participe à la Résistance. Le 10 mai 1943, il rejoint le détachement « Maurice », puis le 20 août 1944 le bataillon Arthur né au maquis de la Torgue dans le Lot et Garonne.

Guy avait fait la connaissance de Paulette, une jeune réfugiée roubaisienne arrivée en 1940 lors de l’évacuation. En 1948, il rejoint donc le Nord, département d’origine de Paulette. Il travaille alors dans la Métallurgie. Il s’engage dans le syndicat CGT et donne naissance à la 1ère section des ingénieurs cadres et techniciens dont il est secrétaire. Il fera partie de l’Institut d’Histoire Sociale de la métallurgie.

Guy Béziade participa aux combats d’Houeillès, de Casteljaloux, de bousses, d’Arx, Allons, en mai-juin 1944 puis à la libération d’Agen le 18 août 1944 sous la direction du commandant Lucien Baron.

Il décède le 28 Mars 2017 à 92 ans.

Pierre Charret est né le 4 Décembre 1925 à Arnac-la-Poste en Haute Vienne. 

Elevé par sa mère après le décès en 1938 de son père, ancien combattant de 14-18, il est reçu en 1942 à l’Ecole Normale pour devenir instituteur et intègre le lycée de Guéret dans la Creuse. En 1943, avec d’autres camarades de promotion, sur l’initiative de Marc Parrotin, déjà en contact avec les FTP, ils vont créer un groupe de résistants au lycée, le groupe s’appellera René Laforge. Trois équipes seront aux ordres des « quatre as » dont Pierre Charret est le « Carreau ». Dès novembre 1943, le groupe récupère des explosifs, des armes, des tickets d’alimentation, du matériel … et réalise des sabotages jusqu’au débarquement des alliés. Pierre obtient le Baccalauréat en juin 1944. Il rejoint alors un maquis FTP dans le sud de l’Indre puis participe aux combats de la Libération engagé volontaire sur le front de la Rochelle en tant que F.F.I. 

Pierre rencontre ensuite Lucienne militante de l’Union des Femmes françaises, qu’il épousera en 1946.  Ils rejoindront le Nord en 1950 à la naissance de leur fille, puis auront aussi un garçon. 

Pierre Charret a fait carrière en tant qu’instituteur jusqu’à la retraite où il va commencer à témoigner auprès des jeunes des écoles, collèges et lycées… et est vice-président du musée de la Résistance à Denain. Pierre a tourné de nombreux films super8 et 16mm entre 1964 et 1970, couvrant notamment la période Mai 68, et réalisé des entretiens audio avec d’anciens résistants vétérans du PCF.

Il vit actuellement à Wasquehal dans le Nord et a 94 ans.

Ressources pédagogiques

Vous trouverez ci-contre l’ensemble des ressources pédagogiques d’accompagnement du film « Contre Vents et Marées ».

Afin de faciliter l’utilisation du film dans un contexte scolaire nous avons préparé:
– un dossier pédagogique
– des vidéos inédites
– des photos

Vidéos inédites Des vidéos ont été réalisées à partir des rushes du film « Contre Vents et Marées » et montées pour une utilisation thématique en classe ou en devoir maison. Elles sont libres pour une utilisation scolaire uniquement avec le mot de passe :

«DossierP»

Distribution

Le film est disponible chez GLOBECAST, ECLAIR, INDECP et sur notre cloud privé en téléchargement direct.

IMPROMPTU PRODUCTIONS : code distributeur 5343 – http://www.impromptu-prod.fr
Type de support: Disque dur ou Dématérialisé
Adresse du stock : LILLE (59) – distribution@impromptu-prod.fr

Dossier pédagogique

Ressources iconographiques